Les photographes me gonflent!

Publié le par Alcarino

Les visiteurs assidus de ce blog savent déjà que nous sommes allés à Layang Layang voir les requins marteaux. Ce voyage aura été initiatique à deux titres : d'une part, j'ai maintenant moins peur d'aller dans le bleu, d'autre part j'ai désormais la conviction intime que les photographes sous marins me gonflent et que ce sont des bachi-bouzouks. J'exclus volontiers de ce jugement les professionels et les rarissimes amateurs qui savent prendre une photographie sans provoquer un génocide coralien. En général, ceux là ont aussi gardé une once de raison. Mais les autres, la masse des touristes des fonds des mers qui mitraillent la faune sous marine pour ramener des images qui s'entasseront sur le disque dur de leurs ordinateurs, ceux là me tapent sérieusement sur les nerfs. Quelques exemples irritants, tirés de mon expérience personnelle, permettront de comprendre mon courroux (coucou!).

Avant la plongée, une charmante Divemaster nous a fait un briefing bien détaillé. Ele n'a pas non plus manqué de préciser qu'il faudrait rester groupés dans le bleu, et éviter de s'approcher trop vite des bans (de requins ou d'autres poissons) Elle a même ajouté que le mieux serait de rester statiques et de laisser le ban s' approcher tout seul. Que croyez vous qu'il arriva? Et bien dès la perception d'un groupe d'ombres au loin, nous avons vu les photographes et autres vidéo amateurs se ruer en dépit de tout bon sens vers le supposé ban. Quittant la palanquée, palmant vers le fond comme des forcenés, produisant plus de bulles qu'un bain moussant, ils ont parfaitement réussi à effrayer les poissons, privant ainsi tout le monde d'un bon moment de plongée.

Allez, un autre : au cours du briefing, on nous a signalé qu'on verrait peut être un gros poisson-crapaud. Coup de veine, il était bien là ou on l'espérait. Mais je ne suis pas resté pour le regarder. Pourquoi? Parce que les malades du petit bouton avaient envahi la zone, et décidé de ne pas bouger avant d'avoir mitraillé la bête. Ils s'étaient amassés en un groupe compact de plusieurs couches, on se serait cru à la descente des marches du festival de Cannes. Ca m'a saoûlé! Désolé, mais quand je plonge,  j'espère ne pas avoir à faire la queue comme à la caisse de Carrefour.

Un troisième? C'était avec un poisson feuille ce coup là. Un paparazzo des mers s'était installé juste en face de l'animal, et s'incrustait depuis un moment. Alors je suis arrivé par le dessus et je me suis laissé descendre doucement sur sa droite et j'ai signalé ma présence par un petit coup de coude sur le bras. Quand il s'est rendu compte que j'étais là, il a voulu être gentil et m'a proposé de regarder le poisson ... à travers le viseur de son appareil. J'étais scotché! Je lui ai expliqué par gestes que je me servais de mes yeux pour regarder; et puisque le sujet était devant moi en chair et en arêtes, je préférais le voir "en vrai" plutôt que sur un écran à cristaux liquides. Il m' a regardé comme si j'étais un débile profond. Va donc, eh, Robocop!

Je pourrais digresser encore sur celui qui visionnait ses photos sous l'eau au lieu de regarder autour de lui, sur celui qui a fait la tronche à sa femme parce qu'il avait fait des photos pourries, ou bien parce que sa femme en avait fait de bien meilleures que lui (tout est relatif, cependant). Mais je préfère m'élever contre le fait qu'on me demande de plonger sans gants, sans même m'avoir vu sous l'eau ni prendre en compte le fait que je plonge avec un stick, pour justement ne pas toucher le corail. Et pourtant on ne dit jamais rien aux photographes à deux balles qui ne maîtrisent pas leur flottabilité et qui vont se vautrer sur le récif pour prendre des photos floues de poisson clown. Pire, on voit même des Divemasters arranger des compositions de nudibranches ou d' hippocampes pygmées pour le plus grand bonheur des preneurs de vue.

J'en suis à penser que la mode de la photographie sous marine nuit à la plongée parce qu'elle est colportée par une écrasante majorité de mauvais plongeurs qui deviennent totalement déraisonnables lorsqu'il s'agit de prendre un cliché. Et si je deviens un jour maitre du monde (Mouhouhahah!), j'instaurerai un permis de photographie sous marine. Il y a bien un permis de pêche, un permis de chasse, un permis de conduire. Pourquoi devrait-on pouvoir plonger avec un appareil photo dès qu'on a son Openwater ou son niveau 1? On ne s'est jamais entrainé avec, que je sache. Alors, demander que les photographes sous marin aient au moins 50 plongées et passent une épreuve théorique et pratique sous l'eau ne me semble pas délirant. Mais on préfèrera sans doute continuer à vendre des appareils et des boitiers à tire-larigot à qui veut les acheter...

En attendant, je vais continuer à faire mon possible pour éviter de plonger avec les photographes. Mais c'est de plus en plus difficile. Nuisibles, je vous dis......
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Natacha 16/11/2008 06:06

il faudrait alors le signaler aux associations

Duchambon Christian 17/10/2008 08:26

Bonjour, J'aime bien le ton que vous donnez à votre site.Pour votre article sur les photographes, bien sûr que cela arrive de voir des comportements détestables, mais cela arrive aussi avec de simples plongeurs débutants. Le remède est l'éducation, l'enseignement, la prise de conscience.Je suis photographe et j'enseigne la photo sous marine et le premier sujet  abordé est la sécurité , le respect du monde merveilleux qui nous entoure.
Une prise de vue aussi exceptionnelle soit  elle ne vaut pas une prise de risque pouvant entraîner un accident de plongée, une dégradation de l'environnent  ou un non respect de la faune.Je conseille à tous les plongeurs  voulant se mettre à la photo sous marine de suivre un minimum de cours, d'abord pour leur sécurité et ensuite pour pouvoir prendre rapidement de beaux clichés et comprendre que cela impose des règles très strictes par rapport à l'environnement dans lequel ils évoluent.A bientôt 
 
 

Alcarino 22/04/2008 08:23

Bonjour Mat,Le mois d'Avril est encore un peu tôt dans la saison pour les molas molas, mais pour ne pas vous décevoir, sachez que nous en avons vu à Pâques et à la Toussaint (même si la saison est plutôt en Juillet et Août). C'est sur Nusa Penida que vous verrez ces sublimes poissons, alors n'hésitez pas à y faire un saut de Bali. A Lembeh et Bunaken pas de molas molas mais beaucoup de macro et de superbes coraux, vous allez vous régaler. Bonnes bulles.Alcarino

mat 20/04/2008 15:12

bonjour  a vous,mon amie et moi arrivons sur l ile de bali le 23 avril et apres nous irons plonger a lembeh et bunaken et les togeans.on se demandait si c etait la saison des molas mola et si on aurait la chance d en voir.on ne pense pas rester trop long a bali car trop de monde.il y a trois ans nous etions a pulau weh et c etait vraiment ce qu on cherche.auriez vous quelques tuyaux?un grand merci pour le conseil de l alcool bourrique ,on en a demande au pharmacien...

nath 21/03/2008 22:16

merci vraiment !!! c un plaisir de vous lire... vous avez un amour sans pareil!!.... bonne continuation!!!